Un « Conseil de Vie extraordinaire » sur la participation des personnes accompagnées

Retour 22 février 2019 Actualités

Le 7 février dernier les étudiants de l’Institut Régional du Travail Social (IRTS PACA) saisissant une proposition de partenariat a sollicité les membres du Conseil de Vie Sociale de l’ALPA en vue d’un travail commun sur le thème de la participation des personnes accompagnées.

Depuis la loi de 2002, la question de l’action sociale s’inscrit dans un modèle plus ou moins mobilisé mais de plus en plus fréquemment évoqué  de la participation . Il s’agit de proposer aux ménages accompagnés  de participer à la conception de projets et dispositifs qui les concernent. C’est pourquoi et conformément aux valeurs fondatrices de l’association, lors de l’élaboration du Projet Associatif 2017-2022, les professionnels de l’ALPA ont porté une attention toute particulière à développer une dynamique coopérative avec toutes les parties prenantes. Dans cette perspective la participation des personnes accompagnées au Projet d’Etablissement a pleinement trouvé sa place.
Afin de mieux comprendre ce que la participation des personnes accompagnées peut apporter aux futurs  chef.fes de service d’un établissement social ou médico-social, les étudiants (futur Responsables d’Unité d’Intervention Sociale – RUIS) de l’IRTS Paca ont tenu avec ce « Conseil de Vie Sociale extraordinaire » à mieux cerner le caractère singulier de cette expérience.
La Méthode d’animation choisie  est celle conviviale du  « WORLD CAFE » ;  Trois groupes de discussion, autour de deux questions durant 30 minutes, le matin et restitution du contenu des échanges l’après-midi, avec un déjeuner-buffet confectionné par les participants pour se détendre à l’heure du déjeuner.
Lors de cette journée organisée à la Pension de famille « Les Pléiades », les  étudiants RUIS  ont cherché à comprendre en quoi la question de la participation « agençait » les expertises et pouvait conduire à l’émergence d’un souffle social nouveau dans leurs pratiques.
Une participation fondée sur la valeur de l’être-ensemble
Pour les personnes accompagnées, participer c’est d’abord reprendre confiance, rompre l’isolement, recréer du lien social. Le retentissement sur la vie affective et psychologique est fort car chacun s’est trouvé comme une personne active-acteur d’un projet quasi familial. En participant aux activités, en prenant part aux débats « j’ai trouvé 3 sœurs adoptives » affirmera avec beaucoup d’émotion l’un d’eux.
Vivre mieux en existant dans cette place
Par ailleurs, pour les personnes accompagnées participer ce n’est pas forcement être dans l’action. « C’est simplement être là et oser donner son point de vue ». Chacun, quel que soit son propre vécu est le moteur de la participation. Cela est pris en compte par les professionnels mais aussi par l’ensemble de parties prenantes. « Me faire confiance, lorsque je n’avais plus confiance en moi » dira l’une des participantes m’a permis de réfléchir et quelques mois plus tard de s’engager dans le projet.
Etablir des rapports simples
Les professionnels de l’Alpa indiqueront également que la  disponibilité des personnes dans les temps informels est aussi importante que leur participation dans les temps formels. Le travail fait ensemble est au fil de l’eau même s’il y a besoin de temps collectif pour mieux formaliser.
La participation, c’est d’abord respecter les singularités et les rythmes de chaque personne. 
L’hétérogénéité des personnes, des origines, des histoires, des rythmes est apparue d’emblée lors de cette première rencontre qui a réuni une vingtaine des personnes (Etudiants de l’IRTS, personnes accompagnées bénévoles et salariés de l’Alpa). Chacun a pu noter la récurrence des réponses des usagers : l’importance de rencontrer d’abord la personne, de chercher à la connaître dans son histoire, à la reconnaître dans ses compétences  avant de proposer de l’accompagner voire de co-participer à un Projet.
En conclusion, il ressort de cette journée qu’il y a de part et d’autres de véritables attentes. De la part des professionnels le désir de moins douter  du travail fait ensemble, de la confiance que cela génère et de la cohésion d’équipe que cela renforce. Pour les personnes accompagnées c’est enfin de sortir « des microcosmes technocratiques négatifs » selon l’une des expressions employées par une participante pour retrouver un lieu, un espace de dialogue et de rencontre dont une personne parfois accablée de soucis a le plus besoin pour se reconstruire et…pouvoir ensuite participer à la construction d’un Projet.
Et toujours, pour avancer, la patience, et savoir garder la porte ouverte…